Je reçois d’Emma, ma petite fille de cinq ans, un dessin tout petit qu’elle m’a fait. Au verso du dessin, elle a demandé à sa mère d’écrire: Je t’aime grand-papa.
Si vous pensez que je vous raconte une histoire à l’eau de rose, tant pis pour vous . Vous n’avez rien compris.
Nous savons dessiner avant de savoir écrire. Encore petit enfant, nous racontons des histoires complexes dans des images qui parlent de nous. Qu’on se dise la vérité en images ou en mots, quelqu’un finira bien par comprendre un jour qui nous étions. Que je te dise je t’aime ou que je te peigne un bouquet de fleurs, c’est bien la même chose.
Je ne répond jamais quand on me demande d’expliquer une toile. J’ai toujours détesté les scéances d’analyse de texte qu’on nous imposait à l’école et où on prêtait à l’auteur une intention claire et nette. Tant qu’à moi, il n’y a pas de clair et net. C’est l’éclairage que chacun apporte au récit de l’artiste qui impose le sens.
Je me prépare à vous raconter mon Italie, mes enfants, ma Provence et les oies qui passent par chez-nous au printemps, en automne. À vous dire l’Atlantique, la montagne et le ruisseau qui coule à ma campagne.
L’inspiration c’est l’ensemble des êtres , des choses, des lieux, des moments vécus qui habitent les artistes qu’ils soient peintres ou poètes, êtres étranges qui passent leur vie à se dire.
Mon amie Françoise affiche sur le blog qui regroupe quelques-uns de mes amis, une huile où on voit deux citrons dont un est bien assis dans un saucier. Ses citrons très réalistes me surprennent. Ce n’est pas tant la prouesse technique qui m’éblouit mais la sérénité presque monastique qui émane de l’image, Le contraste entre cette nature morte et la fébrilité quasi maladive de notre société constitue un discours en faveur du retour aux sources. Je regarde ça et j'ai envie de me faire jouer un peu de Grégorien.
À dix-huit ans, notre maître Philippon nous apprit Prévert. Je me délectait de son Paroles et aujourd’hui encore je me raconte ses histoires.
Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie
Je voudrais peindre comme Jacques Prévert écrivait. Et tant pis pour la perspective !
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tellement inspirant de te lire en cette journée pluvieuse où je n'ai pas mis le nez dehors. Où j'ai retardé le moment de troquer l'ordi pour le pinceau.
RépondreSupprimerPeut être demain... si mes tubes de peinture me font de l'oeil, je terminerai le tableau de la maison de Louis Brunelle aux Îles de la Madeleine.
Je ne sais pas trop comment l'aborder, comment lui donner ma touche personnelle.
L'inspiration doit devenir expiration.